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OpenAI ramène sa levée de fonds à 20 milliards, la valorisation reste à 1 250 milliards

Selon le Financial Times, OpenAI aurait réduit de 30 à 20 milliards le montant de sa nouvelle levée, en conservant une valorisation de 1 250 milliards. Le Wall Street Journal évoque 11 milliards déjà sécurisés.

Julien MartinJulien Martin
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OpenAI ramène sa levée de fonds à 20 milliards, la valorisation reste à 1 250 milliards

OpenAI aurait ramené de 30 à 20 milliards de dollars le montant de sa nouvelle levée de fonds, tout en maintenant une valorisation de 1 250 milliards, selon le Financial Times. Une partie seulement des investisseurs sollicités aurait répondu.

Ce que le Financial Times rapporte sur la levée d'OpenAI

L'information a été publiée le vendredi 30 octobre par le Financial Times, à partir de sources proches du dossier. OpenAI ne l'a pas confirmée publiquement. TechCrunch indique avoir demandé un commentaire à l'entreprise.

Il s'agit donc d'une opération en cours de montage, pas d'un tour de table bouclé. Les termes peuvent encore changer, et l'histoire a déjà bougé deux fois en un mois.

Trois chiffres qui ont changé en un mois

Le feuilleton se lit dans les dates.

Date

Montant recherché

Valorisation visée

29 septembre

30 milliards

1 400 milliards

22 octobre

30 milliards

1 250 milliards

30 octobre

20 milliards

1 250 milliards

La première révision a porté sur la valorisation, ramenée de 1 400 à 1 250 milliards de dollars. La seconde, rapportée cette semaine, porte sur le montant levé, qui perd un tiers de sa valeur.

Ces deux mouvements ne racontent pas la même chose. Baisser une valorisation, c'est admettre que le prix demandé était trop haut. Baisser le montant, c'est constater que la demande ne suit pas au niveau espéré.

Un mot sur la lecture de ces chiffres. Le montant levé correspond à l'argent qui entre réellement dans les caisses et finance les dépenses. La valorisation est le prix théorique de l'entreprise, obtenu en multipliant le prix d'une action par le nombre d'actions en circulation. Les deux nombres se négocient séparément, et c'est exactement ce que montrent ces trois dates.

Onze milliards sécurisés, selon le Wall Street Journal

Le Wall Street Journal a apporté un élément le 31 octobre. Environ 11 milliards de dollars seraient déjà engagés, soit à peine plus du tiers des 30 milliards visés à l'origine, et un peu plus de la moitié du nouvel objectif.

Certains grands investisseurs auraient répondu de façon tiède. Le terme employé par le quotidien économique est « tepid ». Dans le vocabulaire des levées de fonds, cela signifie que les grands fonds n'ont pas dit non, mais qu'ils n'ont pas signé non plus.

Le premier closing, c'est-à-dire la première clôture qui rend l'opération effective, devrait être inférieur aux 20 milliards annoncés. Une tranche réservée à des particuliers fortunés pourrait compléter le total jusqu'à l'objectif. Le schéma est courant : les institutionnels donnent le tempo, les particuliers complètent.

Les investisseurs des Émirats en tête du tour de table

Le tour serait mené par un consortium d'investisseurs des Émirats arabes unis. Le détail des participants n'est pas public, et les montants avancés par chaque partie ne le sont pas davantage.

Aucune information publique ne permet, à ce stade, de savoir quelles conditions ont été négociées avec les uns et les autres.

Pourquoi les acheteurs sont devenus plus prudents

Le contexte général a changé depuis septembre. Les marchés sont devenus plus circonspects sur les dépenses d'infrastructure liées à l'IA, et les valeurs technologiques ont connu une correction visible.

Cette prudence a un effet mécanique sur les levées tardives. Les fonds qui financent la croissance d'une entreprise non cotée évaluent le risque de sortie, pas seulement la qualité du produit. Si l'introduction en Bourse promet moins, le prix d'entrée doit baisser.

TechCrunch rapportait par ailleurs, à la même période, que l'IPO d'Anthropic devrait recevoir une note de crédit de catégorie spéculative, autrement dit « high yield » dans le jargon, ce qui correspond à ce que l'on appelait autrefois les obligations pourries. Une entreprise qui emprunte à ce prix paie plus cher son capital.

Le signal n'est pas propre à OpenAI. Il concerne tout le secteur.

Ce que cela implique pour l'IPO d'OpenAI

OpenAI prépare une introduction en Bourse, attendue en 2027 selon les informations de presse. Un tour privé sert de référence de prix pour cette échéance.

Faut-il y voir un avertissement ? Deux lectures sont possibles. La première voit une entreprise qui ajuste ses ambitions à la demande réelle, ce qui est plutôt sain avant une cotation. La seconde voit un acheteur qui refuse de payer le prix affiché, ce qui pèse sur la valorisation future.

Les faits disponibles ne tranchent pas. Le maintien de la valorisation à 1 250 milliards, alors que le montant levé baisse, suggère que le prix par action n'a pas été renégocié. C'est le volume de capital qui pose problème, pas le niveau de valorisation.

Pour un lecteur non financier, la traduction est simple. OpenAI cherche moins d'argent qu'annoncé, au même prix par action. Cela peut signifier que les investisseurs trouvent le prix élevé, ou qu'ils préfèrent attendre la cotation pour entrer.

Ce qui reste non confirmé

Tout, ou presque, relève de la presse. Ni le montant final, ni la valorisation, ni la liste des participants, ni le calendrier ne sont officiels.

La prudence s'impose donc sur trois points. Le premier closing peut dépasser ou rester sous les 11 milliards déjà cités. La tranche destinée aux particuliers peut ne pas être remplie. Et l'IPO de 2027 reste une intention, pas une date ferme.

Une chose est sûre : en un mois, l'histoire est passée de « 30 milliards à 1 400 » à « 20 milliards à 1 250 ». Ce glissement, à lui seul, en dit plus sur l'humeur du marché que n'importe quel communiqué.

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