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Sam Altman confirme un humanoïde OpenAI et vise une démo en 2027

Sam Altman a confirmé sur un podcast qu'OpenAI construirait un robot humanoïde et évoque une démonstration en 2027. Les 27 postes en robotique suggèrent un matériel conçu en interne.

Julien MartinJulien Martin
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Sam Altman confirme un humanoïde OpenAI et vise une démo en 2027

Interrogé sur un podcast, Sam Altman a confirmé qu'OpenAI construirait un robot humanoïde. La première démonstration est attendue en 2027, et les 27 offres d'emploi en robotique déjà en ligne en disent presque autant que sa réponse.

La confirmation d'Altman, et ce qu'il a vraiment dit

La question était directe, la réponse aussi. Invité du podcast Sources, Sam Altman a répondu à qui lui demandait si OpenAI allait fabriquer un humanoïde par une phrase de deux mots, reprise telle quelle par la presse américaine : autrement dit, oui, nous le ferons, et la formule vaut engagement.

Il a précisé le calendrier dans un entretien accordé à Fortune. « Je pense que nous aurons une démonstration sympa en 2027 », a-t-il déclaré, avant d'ajouter qu'il ne voyait pas des robots marcher dans les rues avant plusieurs années.

Ce n'est pas une annonce produit. Aucun partenaire, aucun prix, aucune date de commercialisation n'ont été communiqués. C'est une intention, formulée par le dirigeant qui engage le plus l'entreprise, et reprise par la presse cette semaine.

Le détail compte pour qui suit le dossier. Une intention n'est pas un produit. Altman parle depuis des mois d'un robot personnel pour chacun. Une partie des articles datent ce discours d'un entretien accordé à TIME fin août 2026, mais la confirmation explicite et le jalon de 2027 viennent des propos de cette semaine.

Pourquoi OpenAI choisit la forme humaine

La justification tient en une phrase. « Le monde est conçu pour l'être humain », a dit Altman. Il en tire une conclusion simple : coller à cette forme paraît la bonne option.

Derrière cette évidence se cache un pari coûteux. Un bras robotisé fixé sur un établi coûte une fraction d'un humanoïde, et fait mieux le travail pour lequel on l'installe. Mais il ne peut pas monter un escalier, ouvrir une porte ou se servir d'une perceuse.

Un robot à deux jambes et deux bras peut en revanche entrer dans un environnement déjà bâti : un entrepôt, un atelier, un logement. Pas besoin de réaménager les lieux.

La contrepartie est mécanique. Tenir debout sur deux jambes demande un contrôle permanent de l'équilibre. Chaque articulation ajoute une pièce qui peut casser et un capteur qui peut se tromper. Les fabricants d'humanoïdes passent des années sur ce seul problème.

Le cerveau, pas le corps, selon Altman

Altman déplace lui-même le débat. Les détails de conception du robot comptent, dit-il, moins que « la compréhension réelle de ce cerveau qui fait fonctionner le robot ».

Une manière polie de dire que le matériel ne sera pas la partie difficile.

OpenAI a un atout sur ce terrain. Ses modèles ont été entraînés à planifier des étapes, à manipuler des outils et à corriger leur propre travail, d'abord sur des logiciels. Transposer ces compétences à un bras articulé suppose de résoudre un problème que les laboratoires n'ont pas encore réglé à grande échelle : le manque de données.

Un modèle de langage apprend sur du texte produit par des humains. Un robot apprend sur des gestes filmés, et ces vidéos n'existent pas en quantité suffisante pour couvrir le geste de plier une serviette dans une cuisine mal éclairée.

Un ancien de la maison l'a dit publiquement. Wojciech Zaremba, cofondateur d'OpenAI qui avait piloté l'équipe robotique de 2016 à 2021, expliquait il y a quelques années que la société avait fermé ce département faute de données d'entraînement suffisantes. Il jugeait alors que l'approche par apprentissage supervisé, celle qui apprend en imitant des gestes enregistrés, ne pouvait pas tenir ses promesses à cette échelle.

Depuis, les progrès des modèles vidéo ont changé la donne. Une partie de la recherche actuelle consiste à générer des séquences synthétiques pour compenser le manque de tournages réels.

Ce que les 27 offres d'emploi révèlent

Le discours se vérifie sur le site carrières. OpenAI publie actuellement 27 postes liés à la robotique.

Le détail des intitulés en dit plus long que la réponse d'Altman. On y trouve du contrôle moteur, de l'estimation d'état, de la commande d'actionneurs, du comportement à l'échelle du corps entier, et de l'ingénierie d'apprentissage automatique dédiée à l'IA physique.

Plusieurs annonces portent sur la conception d'actionneurs électromécaniques maison : moteurs, transmissions, capteurs, gestion thermique. D'autres visent la fabrication et la chaîne d'approvisionnement nécessaires à une production en série.

Ce n'est pas le recrutement d'une équipe de recherche qui publie des articles. C'est une organisation qui prépare des pièces.

Une entreprise qui se contenterait d'acheter des robots à un tiers ne recruterait pas sur le contrôle d'actionneurs. Elle se contenterait de logiciel. La présence de ces profils suggère que la partie matérielle se construit en interne.

Le robot comme prolongement de ChatGPT

La lecture la plus cohérente du dossier relie le projet au produit qui fait vivre OpenAI.

ChatGPT dispose aujourd'hui d'une base d'utilisateurs massives et d'une habitude d'usage : on lui parle, il répond, on lui confie des tâches. Un humanoïde équipé d'un modèle GPT pousserait cette logique hors de l'écran.

L'intérêt stratégique est double. Le robot fournit au modèle des données d'interaction physique qu'aucun texte ne peut remplacer. Et il offre un débouché matériel à une entreprise dont la croissance repose aujourd'hui sur des abonnements logiciels.

Le rythme, lui, pose un problème très concret. Un modèle de langage peut être mis à jour en une nuit. Un robot déjà livré chez un client, non, et c'est toute la différence entre éditer un logiciel et rappeler un objet qui pèse quarante kilos et se déplace dans un salon. Une erreur de conception mécanique coûte des mois de rappel.

Comment OpenAI se situe face aux fabricants déjà en piste

Le secteur n'attend pas OpenAI. Figure AI, Tesla avec Optimus, Unitree, 1X et Apptronik ont déjà des machines en démonstration, et certaines en production limitée.

La presse rapporte qu'OpenAI a envisagé d'acheter directement 1X. Elle indique aussi que la collaboration avec Figure s'est arrêtée, le patron de cette dernière ayant déclaré avoir « licencié » OpenAI. Ces éléments relèvent de la presse et des déclarations rapportées, pas d'une confirmation d'OpenAI.

L'écart de calendrier est réel. Une démonstration en 2027 place OpenAI loin derrière ses concurrents sur le matériel, et à égalité ou devant sur la partie logicielle. Si le goulot d'étranglement est bien le cerveau, comme le dit Altman, ce retard pèse moins. Si le problème se révèle être les mains, les articulations et la fiabilité, le retard pèsera beaucoup.

Ce qu'il faut regarder avant la démonstration de 2027

Trois signaux permettront de savoir si le projet avance vraiment. Un quatrième?

Le matériel.

Le premier est le rythme des recrutements. Une équipe qui grossit passe des postes de conception à des postes de fabrication, puis à des postes de service client. Chaque étape laisse une trace sur le site carrières.

Le deuxième concerne les données. OpenAI n'a pas expliqué comment il compte entraîner son modèle sur des gestes. Un partenariat avec un fabricant de robots existant, ou un programme de collecte auprès de clients, serait un indice fort.

Vous voulez un indice plus simple ? Regardez la démonstration en entier.

Le troisième signal est la forme que prendra la démonstration. Un robot qui marche sur scène devant un public ne prouve presque rien. Une machine qui range une pièce pendant vingt minutes sans intervention, filmée sans coupure, en dit bien davantage sur l'état réel du projet.

D'ici là, la réponse d'Altman reste une intention. Elle n'engage aucune date de livraison et aucun prix. Pour un particulier qui attend un robot personnel, la déclaration de Fortune est claire : ce ne sera pas pour tout de suite.

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